
Haïti forme le tiers ouest de la deuxième plus grande île des Caraïbes, Hispaniola. Christophe Colomb y est arrivé en 1492 et y a fondé la première colonie espagnole en Amérique. Au cours des décennies qui ont suivi, génocide et maladies ont pratiquement éradiqué la population indigène, appelée Taïno.
Haïti est devenu une colonie française en 1697. Près de 100 ans plus tard, la population esclave noire a amorcé une révolution, ce qui déclenché une guerre contre la France. En 1803, les forces haïtiennes ont eu raison des soldats français envoyés par Napoléon – l’année mêmeoù la France vendait le territoire de la Louisiane aux États-Unis et renonçait essentiellement à ses ambitions coloniales dans le Nouveau-Monde.
En 1804, Haïti est devenu la première république indépendante noire du monde moderne, et le deuxième état indépendant en Amérique. Par la suite, à mesure que le pays s’est développé, il a subi des guerres civiles, des assassinats politiques, des divisions territoriales et a été soumis à des tyrans.

Jacques Dessalines, le chef de l’armée haïtienne qui a vaincu les Français, s’est déclaré empereur, mais a été assassiné après seulement deux années de règne. Le pays s’est alors divisé en régimes rivaux au nord et au sud et ne s’est réuni qu’en 1820, après le suicide du roi autoproclamé d’Haïti, Henri Christophe.
Pendant les 100 années qui ont suivi, il y a eu beaucoup de friction entre les populations blanche, noire et mulâtre, et le pays a vu passer 23 chefs d’état. La turbulence politique et l’oppression se sont poursuivies pendant une bonne partie du 20e siècle et sont largement à blâmer pour la place d’Haïti comme le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. Haïti se classe 149e parmi 182 pays du monde à l’Indice du développement humain 2009 de l'ONU (le Canada se classe 4e; les États-Unis sont 13e). La paix et la prospérité n’ont jamais pu y prendre racine.
En juin 2004, les Nations Unies ont établi une mission multinationale de maintien de la paix pour aider à stabiliser le pays et à y établir une certaine sécurité. En février 2006, Haïti a tenu ses premières élections présidentielles en six ans. Neuf jours après le vote, René Préval, qui avait été président de 1996 à 2001, a été déclaré vainqueur. La période de démocratie qui a suivi a contribué à établir une certaine stabilité, mais le pays est encore fragile.